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Embranche­ment : Vertébrés supérieurs
Classe : Mam­mifères euthériens
Ordre : Pri­mates
Famille : Cer­co­p­ithé­cidés
Genre : Macaca
Espèce : Macaca syl­vanus

2-​Statut :
21– Inter­na­tional : Espèce fig­u­rant sur la liste rouge de l’union inter­na­tionale pour la con­ser­va­tion de la nature (U.I.C.N.) pour son endemisme à l’Afrique du Nord (Algérie et Maroc)
22– National : Espèce pro­tégée en Algérie depuis 1983 par le décret n° 83. 509 du 20 Août 1983 relatif aux espèces ani­males non domes­tiques protégées.

3-​Répartition géo­graphique:
31– Au niveau inter­na­tional : Le genre Macaque compte 19 espèces dont l’aire de répar­ti­tion est très vaste et cor­re­spond à toute l’Asie intertrop­i­cale et en par­tie à l’Afrique du Nord Ouest
32– Au niveau national : Il est ren­con­tré dans les pentes inac­ces­si­bles des gorges de la Chiffa à 60Km au sud d’Alger, et surtout en Kabylie (Djur­d­jura, Gouraya, Kher­rata, …etc.). Il évolue générale­ment sur une alti­tude vari­ant de 10 à 2000 mètres.

4-​Habitat : Trois zones écologiques essen­tielles ont pu être dis­tin­guées,
- Zone à forêts de chêne vert en haute alti­tude (1500 à 2 200 m)
- Zone à forêts de chêne mixte en moyennes alti­tudes (800 à 1 500m)
- Zone à brous­sailles (maquis et gar­rigues) local­isés dans les falaises et les pics des mon­tagnes à dif­férentes altitudes


5-​Description de l’espèce : Le Magot présente cer­taines car­ac­téris­tiques qui le dif­féren­cie des autres macaques.
- Absence de queue
- Nez peu proémi­nent et porte un sil­lon nasal
- Poids varie de 5 à 18Kg
- Corps robuste mesurant 60 à 75 cm
- Museau plus ou moins arrondi– Tête ronde et coup court.

6-​Types de com­porte­ment :
61– Com­porte­ment du type asso­cial : dans cette caté­gorie sont groupés tous les com­porte­ments indi­vidu­els des ani­maux :
*Ali­men­ta­tion : Dans ce type de com­porte­ment sont regroupés
- Ali­men­ta­tion pro­pre­ment dite : cueil­lette, prise et mas­ti­ca­tion des ali­ments
- Com­porte­ments de recherche ali­men­taire : fouille, creusage, retourne­ment des pier­res
- Pré­pa­ra­tion de l’aliment : net­toy­age, épluchage, écorçage de l’aliment
*Loco­mo­tion : Elle con­cerne le mou­ve­ment de l’ensemble du corps, l’animal trotte, grimpe ou descend d’un arbre
*Sur­veil­lance : L’animal per­ché en haut d’un arbre ou sur un rocher, avec une alti­tude de vig­i­lance guette les alen­tours et prévient les autres mem­bres du groupe du moin­dre dan­ger par un cri d’alerte
*Repos : l’animal reste inac­tif, sans aucune atti­tude de vig­i­lance ou par­fois som­no­lent, il peut être soit assis avec mem­bres croisés ou allongé sur une branche ou à même le sol.
* Autres com­porte­ments asso­ci­aux :
- Jeu soli­taire : L’individu joue avec son pro­pre corps ou avec un objet, ce jeu fréquent chez les jeunes, quand l’animal joue avec son pro­pre corps, les mul­ti­ples pos­si­bil­ités acro­ba­tiques du corps sont mises en action et les formes sont innom­brables.
- Sec­ouage des branches : L’animal saisi et sec­oue vio­le­ment une branche en adop­tant une posi­tion quadrupède.
- Les com­porte­ments de con­fort :
* Grattage : L’animal procède au grattage de son corps soit à l’aide de ces pattes, si la par­tie lui est acces­si­ble soit en se frot­tant con­treun tronc, branche, rocher si la par­tie lui est inac­ces­si­ble
* Autoépouil­lage : L’animal procède au brossage, exam­i­na­tion et extrac­tion des par­tic­ules ou par­a­sites des par­ties cor­porelles qui lui sont acces­si­ble, l’extraction se fait avec les mains
* Bâille­ment et étire­ment : Fréquent en péri­ode de repos les ani­maux s’étirent en allongeant au max­i­mum les mem­bres antérieurs puis postérieurs. 62– Com­porte­ment du type social : Dans cette caté­gorie de com­porte­ments sont regroupés tous les com­porte­ments socioposi­tifs et socioné­gat­ifs.
A– Com­porte­ment socioposi­tifs :
- Epouil­lage social : Acte social qui con­siste en l’éxamination, brossage et extrac­tion des par­tic­ules et par­a­sites du pelage d’un con­génère.
- Jeu social : Il con­cerne les indi­vidus jeunes, le jeu fait inter­venir totale­ment ou par inter­mit­tence deux ou plusieurs indi­vidus, diverses formes de jeu social sont observées.
- Claque­ments des dents : C’est une scène représen­tant un rit­uel de réc­on­cil­i­a­tion durant laque­lle deux indi­vidus adultes empoignent un enfant l’un par les bras l’autre par les pattes tout en claquant les dents.
B– Com­porte­ment socioné­gat­ifs :
- Men­ace : expres­sion agres­sive, regard fixe vers un con­génère avec avance­ment large du vis­age, sour­cils fron­cés, oreilles poussées vers l’arrière
- Men­ace avec appel : C’est une riposte avec appel de sec­ours d’un indi­vidu agressé
- Frappe : Acte agres­sif car­ac­térisé par des coups de pattes don­nés par un indi­vidu à un autre
- Com­bats avec con­tact : con­siste en l’échange de coups de pattes, mor­sures entre deux ou plusieurs indi­vidus avec des fois des scènes de roulades.
- Evite­ment : c’est un éloigne­ment d’un indi­vidu d’un autre afin d’éviter une éventuelle agres­sion.
63– Expres­sions faciales : la clas­si­fi­ca­tion util­isée s’est basée sur la descrip­tion des lèvres, mou­ve­ments des mâchoires, sour­cils.
- Relâche­ment du vis­age : La mus­cu­la­ture faciale se relâche dans le cas nor­mal (neu­tre) accom­pa­gné des fois par la fer­me­ture des yeux, observé quand les indi­vidus ne sont engagés dans aucune activ­ité par­ti­c­ulière tel que le repos, le som­meil et l’épouillage
- Vis­age en alerte : c’est une expres­sion com­mune à tous les singes qui se car­ac­térise par un œil large­ment ouvert, les mou­ve­ments du corps, quelque­fois brusques et la peau du vis­age plus ten­due surtout autour de la bouche qui reste légère­ment ouverte.


64– Com­porte­ment sex­uel :
Pour­suite d’une femelle par un mâle : elle est déclenchée soit par le com­porte­ment de la femelle qui s’approche du mâle et passe près de lui plusieurs fois avec une démarche lente, soit à la suite d’un coup d’œil rapide du mâle sur la peau sex­uelle de la femelle.
65– Com­porte­ment mater­nel :
- Trans­port de l’enfant :Le trans­port du bébé est très fréquent à par­tir du moment où il peut se cram­pon­ner. Le port s’effectue sur le ven­tre ou sur le dos, l’enfant s’accroche au poil du por­teur en le ten­ant au niveau de la poitrine ou les épaules et au niveau de l’abdomen (pattes postérieures).
- Met­tre au berceau : Observé dans presque toutes les sit­u­a­tions quand le bébé ou l’enfant se trouve au niveau des genoux d’un con­génère cet acte est util­isé par­ti­c­ulière­ment pen­dant que le bébé dort.
- Téter : se man­i­feste surtout au repos. Con­siste en la prise de la mamelle par le petit dans la bouche. L’enfant peut être allongé ou debout.
- Manip­u­la­tion du mamelon avec les doigts : le bébé touche, retire le mamelon avec le doigt, observé quand le bébé se trouve avec sa mère en posi­tion assise, debout ou allongé et fréquem­ment en épouil­lage mutuel.
- Empêcher : l’allaitement ou les manip­u­la­tions du mamelon : la mère peut stop­per son bébé de manip­uler ou de tirer ses tétines de dif­férentes manières.
*Le pousser loin d’elle avec son bras ou avant bras
*Rouler sur sa poitrine en cou­vrant ses mamelles avec ses bras
*Saisir les doigts ou les orteils du bébé
66– Suivi du singe Magot Macaca syl­vanus au parc national de Gouraya :
a– Site d’étude : Le parc national de Gouraya est car­ac­térisé par un cli­mat méditer­ranéen classé dans l’étage humide à hiver doux.
Il est connu pour son relief, ses sites et mon­u­ments his­torique et surtout pour sa sta­tion procu­rant détente, quié­tude et fraîcheur en sai­son esti­vale.
b– Méth­ode de dénom­bre­ment : l’existence d’espaces ouverts (pistes, routes, sen­tiers et ter­rains nus) ainsi que nos ani­maux soient habitués à la présence humaine nous a rendu la tache plus aisée.
c– Dénom­i­na­tion des groupes
*Secteur ori­en­tal :
–Groupe du Tun­nel
–Groupe de Sidi Yahia
–Groupe du Cap Car­bon
–Groupe de Sidi Bouali
–Groupe des Aiguades
–Groupe des Oliviers
–Groupe de M’cid El Bab
*Secteur occi­den­tal :
–Groupe de Bouli­mat
d– Résul­tats :

Année Nom­bre de groupe Nais­sances Total
1997 4 35 143
1998 4 49 205
1999 4 59 236
2000 6 68 266
2001 6 68 272
2002 8 40 230
2003 8 46 290
2004 10 46 367

e– Dis­cus­sion :
* Secteur ori­en­tal : les pre­mières nais­sances dans ce secteur devi­en­nent de plus en plus pré­co­ces (mois de jan­vier au lieu du mois de mars)
Cette pré­coc­ité est liée aux fac­teurs du cli­mat et à la disponi­bil­ité de la nour­ri­t­ure
* Secteur occi­den­tal : Ce groupe est car­ac­térisé par :
peu de nais­sances, insuff­i­sance des ressources trophiques suite aux incendies répétés, la migra­tion des singes vers la décharge et l’instabilité à cause de la présence de chiens errants
f– Con­clu­sion :
La pré­coc­ité des nais­sances et la crois­sance de l’effectif chez le magot pour­rait s’expliquer par :
- Grande var­iété d’espèces végé­tales présentes (plus de 300 espèces)
- Recou­vre­ment de la strate arbus­tive assez impor­tant, celle ci con­stituerait non seule­ment une source d’alimentation mais aussi des sites de som­meil
- Exis­tence de grottes dans la zone Est offre aux singes des dor­toirs leur per­me­t­tant de fuir les fortes chaleur de l’été et les intem­péries de l’hiver
- Impact de l’homme sem­blerait être d’un apport béné­fique, la présence du magot pour­rait être liée à l’apport sup­plé­men­taire de la nour­ri­t­ure par les touristes
- Créa­tion du parc national de Gouraya est le pre­mière mesure de préser­va­tion et de pro­tec­tion du magot vivant au parc
- Evo­lu­tion pro­gres­sive des pop­u­la­tions de magot, s’explique par la présence des con­di­tions favor­ables (cli­mat et nour­ri­t­ure), ainsi que la baisse des mor­tal­ités
g– Pro­jet :
Suite à l’intrusion du Magot dans le milieu urbain et suite aux nui­sances occa­sion­nées au niveau des habi­ta­tions et des verg­ers des vil­lages lim­itro­phes, le P.N.G. a opté pour une solu­tion sci­en­tifique, effi­cace et rationnelle.
Pour cela, un pro­jet de coopéra­tion sci­en­tifique de haut niveau avec le cen­tre national de la recherche sci­en­tifique de France (C.N.R.S.), l’institut pas­teur d’Alger est l’université de Bab– Ezzouar (U.S.T.H.B.)
Le pro­jet s’inscrit dans le cadre des pro­grammes de recherche pilotés par le comité mixte d’évaluation et de prospec­tion de la coopéra­tion inter-​universitaires Franco– Algéri­enne (C.M.E.P.). L’intitulé du pro­jet est :
« Statut écologique, démo­graphique géné­tique et san­i­taire d’une pop­u­la­tion de magots « Macaca syl­vanus en con­di­tion lim­i­tantes en Algérie, l’intérêt pour une ges­tion durable de la biodiversité »